Eau et Jardin
Analyser et contrôler la qualité de l’eau de puits domestique
Démarches et responsabilités en France: déclaration en mairie, rôle du BRGM, analyses en laboratoire agréé, et décision finale de potabilité par l'ARS.
Cette page explique, pour un propriétaire d’un puits ou forage domestique en France, quelles démarches administratives effectuer, quelles analyses demander et quelles autorités saisir pour qu’un prélèvement soit évalué et, le cas échéant, validé pour un usage alimentaire.
Introduction : objet de la page et avertissement YMYL

Objet : décrire les étapes pour analyser et contrôler la qualité de l’eau d’un puits ou d’un forage domestique en France. La potabilité d’une eau privée ne peut être affirmée que par l’Agence régionale de santé (ARS) après analyses en laboratoire agréé. Toute décision d’aptitude à un usage alimentaire relève de l’ARS et non d’un appareil ou d’une déclaration en mairie.
Cette page s’appuie sur les textes et autorités cités en sources : Légifrance, BRGM, ANSES, portails ministériels. Elle présente les responsables, les démarches administratives, les objets d’analyse, la méthode de prélèvement et la conduite à tenir selon les résultats et les compétences des autorités.
Qui décide et qui fait quoi ? Autorités et responsabilités
Le maire est l’autorité de proximité compétente pour la déclaration des puits et forages domestiques en application de l’article L2224-9 du Code général des collectivités territoriales. La déclaration en mairie est une obligation administrative ; elle n’a pas, en elle-même, valeur d’autorisation sanitaire ni d’avis de potabilité.
Le BRGM gère la plateforme DUPLOS et la Banque du Sous-Sol (BSS) pour les ouvrages soumis au code minier. Un forage dépassant le seuil mentionné dans les références BRGM doit faire l’objet d’une déclaration au titre du code minier via DUPLOS, selon la procédure décrite par le BRGM.
L’Agence régionale de santé (ARS) est la seule autorité compétente pour se prononcer sur la potabilité d’une eau privée après réception des résultats fournis par un laboratoire agréé. Le laboratoire mesure et transmet les valeurs analytiques ; l’ARS interprète ces valeurs pour décider de l’aptitude à l’usage alimentaire.
Pour les questions liées à l’assainissement non collectif (ANC) et aux contrôles préalables à la vente d’un bien, le SPANC et les textes de l’ANC interviennent. Les textes cités précisent les rôles respectifs du SPANC et les modalités de contrôle technique.
Démarches administratives avant tout prélèvement ou utilisation domestique
Toute personne réalisant un puits ou un forage à des fins domestiques doit procéder à la déclaration en mairie prévue par l’article L2224-9 du Code général des collectivités territoriales. Le contenu et les pièces à fournir pour cette déclaration sont précisés par des textes réglementaires, notamment l’arrêté du 17 décembre 2008 tel que référencé dans les sources.
Lorsqu’un forage atteint le seuil pour lequel la réglementation minière s’applique, il faut effectuer la déclaration correspondante via la plateforme DUPLOS du BRGM, qui alimente la Banque du Sous-Sol. Cette démarche au titre du code minier s’ajoute à la déclaration en mairie lorsque les deux cadres sont applicables.
Le cadre réglementaire des usages domestiques d’eaux impropres à la consommation humaine a été réorganisé par des textes récents. Le décret et l’arrêté cités dans les sources fixent des règles de surveillance, d’entretien et d’étiquetage pour les réseaux non potables et peuvent instituer une obligation de déclaration préfectorale pour certains usages non potables selon leur périmètre. Le périmètre précis déclencheur de la déclaration préfectorale doit être vérifié dans les textes primaires mentionnés en sources.
Que contrôlent les analyses ? Objectifs d’une analyse de puits
Les analyses doivent renseigner sur des familles de paramètres adaptées au contexte local : paramètres microbiologiques, paramètres physico-chimiques, métaux, résidus de pesticides, et autres paramètres pertinents selon l’environnement. La liste exacte des paramètres à analyser se détermine en fonction du contexte : proximité d’activités agricoles ou industrielles, caractéristiques du terrain et historique du point de captage.
Un laboratoire agréé fournit la liste des analyses recommandées pour un prélèvement donné. Les valeurs mesurées sont transmises sous forme de résultats analytiques. Seule l’ARS peut prononcer, sur la base de ces résultats, l’aptitude de l’eau à un usage alimentaire.
Il est conseillé de faire figurer dans la demande d’analyse des éléments contextuels qui orienteront le choix des paramètres : proximité de sources potentielles de contamination, usage prévu de l’eau, et antécédents d’incidents ou de travaux ayant affecté le point de captage.
Quand et comment prélever un échantillon — bonnes pratiques
Le protocole de prélèvement est fourni par le laboratoire agréé chargé de l’analyse. Le laboratoire précise le point de prélèvement, les conditions d’hygiène, le conditionnement et les délais d’acheminement nécessaires à la validité des résultats. Respecter strictement ce protocole garantit la traçabilité et la recevabilité des analyses.
La traçabilité passe par l’étiquetage du flacon (localisation, date, heure), la consignation des conditions de prélèvement et la transmission de toute information utile au laboratoire. Le recours à un laboratoire agréé est indispensable pour que les résultats aient valeur de preuve.
Éviter toute manipulation qui pourrait contaminer l’échantillon avant remise au laboratoire. En cas de doute sur la méthode, suivre les instructions écrites remises par le laboratoire ou figurant sur son protocole officiel.
Interpréter les résultats : qui les valide et quelles suites possibles
Le laboratoire remet des valeurs analytiques. L’ARS est l’autorité qui valide l’aptitude à l’usage alimentaire et qui oriente les mesures de santé publique si nécessaire. Les suites possibles dépendent de l’interprétation sanitaire : retrait d’usage alimentaire, mesures d’information, ou recommandations spécifiques formulées par l’ARS.
En cas de résultats défavorables à un usage alimentaire, l’information des autorités compétentes et la mise en œuvre des préconisations de l’ARS sont les étapes suivantes. Les mesures techniques éventuelles relèvent de décisions expertisées, non d’affirmations produites par un auteur éditorial.
Appareils de traitement domestique : ce qu’ils font et ce qu’ils ne font pas
Les appareils de traitement (adoucisseur, osmoseur, filtres divers) agissent sur la fraction d’eau qui traverse leur dispositif. Leur définition fonctionnelle se limite à cette capacité d’intervention sur l’eau qui les traverse. Ils n’ont pas le pouvoir, par eux‑mêmes, de prononcer la potabilité d’une eau privée.
L’ANSES a rendu un avis sur des procédés anti‑tartre non conventionnels et, pour certains procédés, « n’a pas pu conclure » à l’innocuité ou à l’efficacité généralisée. Cet exemple illustre la prudence requise avant d’affirmer l’efficacité sanitaire d’un procédé.
Toute affirmation selon laquelle un appareil « rend potable » une eau privée doit renvoyer à une décision formelle de l’ARS basée sur des analyses en laboratoire. Un dispositif traite l’eau, il ne se substitue pas à la compétence sanitaire de l’ARS.
Risques et erreurs fréquentes
- Présumer la potabilité sans analyses et sans avis ARS.
- Confondre déclaration en mairie et autorisation sanitaire.
- Utiliser une eau non potable pour des usages alimentaires ou d’hygiène corporelle malgré les restrictions du cadre réglementaire.
- Ignorer la nécessité de déclaration au titre du code minier quand le forage atteint le seuil concerné par le BRGM.
- Ne pas respecter les protocoles de prélèvement fournis par le laboratoire agréé, ce qui peut invalider les résultats.
Démarches pratiques : qui contacter (ordre conseillé)
1) Vérifier et, si nécessaire, effectuer la déclaration en mairie (article L2224-9 CGCT). 2) Si applicable, déclarer l’ouvrage via la plateforme DUPLOS du BRGM pour la procédure code minier. 3) Contacter un laboratoire agréé pour définir le programme d’analyses et recevoir le protocole de prélèvement. 4) Informer et consulter l’ARS locale pour l’interprétation sanitaire et les décisions d’usage.
Selon le contexte et la nature du point de captage, il peut être nécessaire d’informer la préfecture ou d’autres services de l’État pour des obligations locales particulières prévues par les textes cités.
Informations à fournir au laboratoire / à l’ARS (checklist)
- Localisation précise du point de prélèvement.
- Profondeur approximative du point et, si connue, date du forage.
- Usage prévu de l’eau (consommation, irrigation non alimentaire, usages techniques).
- Antécédents récents : infiltrations, travaux, incidents constatés.
- Exemplaires du carnet sanitaire, le cas échéant, et toute déclaration antérieure en mairie ou via DUPLOS.
Le laboratoire précisera les paramètres et le protocole à respecter en fonction des éléments fournis.
Liens utiles et références réglementaires
- Article L2224-9 — Code général des collectivités territoriales
- Arrêté du 12 juillet 2024 — conditions sanitaires d’utilisation d’eaux impropres
- Décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024. Notice et références :
- Arrêté du 17 décembre 2008 — éléments à fournir pour la déclaration en mairie
- BRGM — DUPLOS / déclarations code minier / BSS
- Arrêté du 7 septembre 2009 (prescriptions techniques ANC)
- Arrêté du 27 avril 2012 (modalités de contrôle ANC)
- Article L1331-11-1 — Code de la santé publique (diagnostic ANC)
- ANSES — Avis saisine n°2015‑SA‑0228 (anti‑tartre)
Annexes et modèles
Modèle de formulaire administratif : se référer au formulaire officiel de la mairie ou de la préfecture et à l’arrêté du 17 décembre 2008 qui énumère les éléments à fournir. Le formulaire officiel prévaut sur tout modèle présenté ici.
Modèle d’étiquette et fiche de prélèvement : demander au laboratoire agréé le modèle exact qu’il exige pour garantir la traçabilité et la recevabilité des résultats.
Forage — rappel déclaration : pour tout forage soumis au code minier, effectuer la déclaration via la plateforme DUPLOS du BRGM et consulter la notice BRGM correspondante.
Date de vérification des références : 04/09/2026 (voir les URL listées ci‑dessus pour les textes primaires et les notices).

Rédactrice · forage, puits d'eau, travaux
Lucie couvre les thématiques liées au forage et aux puits d'eau. Elle s'assure de la véracité des informations en s'appuyant sur des sources fiables et des experts du secteur avant toute publication.
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