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Niveau de la nappe phréatique : le connaître sous chez vous

Où trouver le niveau de la nappe près de votre terrain, nappe libre ou captive, et pourquoi ce niveau change selon la saison.

Lucie Giraud Publié le 5 min de lecture
Niveau de la nappe phréatique : le connaître sous chez vous Puits et sources

Savoir à quelle profondeur se trouve l’eau avant de forer évite bien des déconvenues. Aucune valeur « moyenne » n’existe pourtant : le niveau d’une nappe varie d’un endroit à l’autre et d’une saison à l’autre. Ce guide indique où chercher l’information et comment la lire.

Pourquoi il n’existe pas de profondeur type

La profondeur de l’eau dépend de l’aquifère concerné, du relief, de la nature du sol et de la période de l’année. À quelques centaines de mètres d’écart, deux ouvrages peuvent donner des niveaux très différents. Toute page qui annonce « l’eau se trouve à tant de mètres » sans citer de point de mesure ne repose sur rien de vérifiable.

Ce qui se relève, en revanche, ce sont les niveaux mesurés sur des points précis. C’est le rôle des bases publiques présentées ci-dessous.

Les sources publiques à consulter

  • ADES, l’accès aux données sur les eaux souterraines

    Ce portail public, rattaché au BRGM et à Eaufrance, regroupe les mesures de niveau des nappes relevées sur des stations réparties sur le territoire. Vous pouvez y repérer les points de mesure proches de chez vous et voir comment le niveau évolue au fil des mois.

  • La Banque du sous-sol (BSS) du BRGM

    Elle recense les sondages et forages déjà déclarés. Chaque ouvrage recensé possède un numéro et une fiche pouvant donner des indications géologiques. Regarder ce qui a été foré autour de chez vous est une bonne façon de se faire une première idée du sous-sol.

  • Le foreur lui-même

    Un professionnel de la zone connaît les terrains et les niveaux d’eau habituels. Ses indications ne remplacent pas un essai de pompage sur votre ouvrage, mais elles précisent le cadre.

Nappe libre ou nappe captive

La nappe libre est la plus proche de la surface. L’eau y circule dans une roche perméable et son niveau suit la pluviométrie : il monte après un hiver pluvieux, baisse en période sèche. Elle alimente beaucoup de puits traditionnels.

La nappe captive est prise entre deux couches peu perméables, ce qui met l’eau sous pression. Quand on la perce, l’eau monte dans l’ouvrage au-dessus de l’endroit où elle a été rencontrée. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le puits artésien.

Niveau statique et niveau dynamique

Dans un ouvrage, on distingue deux niveaux. Le niveau statique est celui de l’eau au repos. Le niveau dynamique est celui que l’on mesure pendant le pompage : il est plus bas, et l’écart entre les deux s’appelle le rabattement. C’est le niveau dynamique qui sert à dimensionner la pompe et à choisir sa profondeur d’installation.

Comment lire ce que vous trouvez

Un niveau relevé sur une station voisine renseigne sur la tendance locale : nappe stable, en baisse, ou sujette à de fortes oscillations. Il ne dit pas ce que vous trouverez exactement sous votre jardin. La distance au point de mesure, l’aquifère concerné et la date du relevé comptent autant que la valeur elle-même.

Recoupez toujours plusieurs informations : stations de mesure proches, fiches d’ouvrages voisins, retour d’un foreur. Pour aller plus loin dans la méthode, lisez notre article pour connaître la profondeur de la nappe phréatique.

Ce que le niveau change pour votre projet

  • Pour choisir l’ouvrage

    Une nappe proche et stable peut se contenter d’un puits ; une nappe profonde ou fluctuante oriente vers un forage. Comparez les deux options dans le guide puits ou forage.

  • Pour la pompe

    Le niveau dynamique détermine la hauteur que la pompe doit remonter. Le débit pompé ne doit jamais dépasser ce que l’ouvrage donne, sinon l’eau descend jusqu’à la pompe et celle-ci tourne à sec.

  • Pour le devis

    Plus l’eau est profonde, plus le chantier s’allonge. Le guide sur ce qui fait le prix d’un forage détaille cet effet.

  • Pour la déclaration

    Si l’ouvrage dépasse dix mètres, la déclaration au titre du code minier s’ajoute à celle de la mairie ; voir la déclaration en mairie.

Les erreurs à éviter

  • Se fier à un seul relevé

    Une mesure isolée, prise un jour de forte pluie ou en pleine sécheresse, donne une image trompeuse. L’historique sur plusieurs mois ou plusieurs années est bien plus parlant.

  • Confondre deux aquifères

    Une station de mesure peut suivre une nappe différente de celle que vous visez. Vérifiez à quelle formation géologique le point de mesure se rattache avant de comparer avec votre projet.

  • Croire qu’un voisin garantit le résultat

    Un puits productif à cent mètres de chez vous n’assure pas le même débit sur votre parcelle : la fracturation de la roche ou la présence d’une couche d’argile peuvent changer la donne à courte distance.

  • Oublier l’évolution dans le temps

    Une nappe qui baisse d’année en année impose de prévoir une pompe placée plus bas ou un ouvrage plus profond. Anticiper ce point à la conception coûte moins que de reprendre l’ouvrage plus tard.

Questions fréquentes

La nappe phréatique est-elle la même chose que la nappe libre ?

Le terme « phréatique » désigne la nappe la plus proche du sol, accessible par des puits : c’est une nappe libre. Les nappes captives, plus profondes, ne portent pas ce nom.

Où trouver le niveau de la nappe près de chez moi ?

Sur ADES pour les mesures de niveau, et sur la Banque du sous-sol du BRGM pour les ouvrages déjà réalisés. Ajoutez l’avis d’un foreur local.

Le niveau change-t-il vraiment au cours de l’année ?

Oui, surtout pour une nappe libre, qui suit la pluviométrie. Il est donc utile de regarder l’historique plutôt qu’un relevé isolé.

Mon puits est à sec : la nappe a-t-elle disparu ?

Pas forcément. Le niveau peut être passé sous le fond du puits de façon temporaire. Un diagnostic sur place permet de savoir s’il faut approfondir ou forer.

Peut-on forer sans connaître le niveau de la nappe ?

Le niveau exact ne se connaît qu’une fois l’ouvrage réalisé. La recherche préalable sert à éviter les mauvaises surprises, pas à garantir un résultat.

Sources consultées

  • ADES, portail national d’accès aux données sur les eaux souterrainesEau France
  • Plateforme DUPLOS et Banque du sous-sol du BRGMassistance du BRGM
  • Déclaration des forages profonds, code minier, article L411-1Légifrance