Aller au contenu

Puits ou forage : lequel choisir pour votre eau ?

Profondeur, technique, usage : les vraies différences entre un puits et un forage, et les démarches propres à chacun.

Julien Lemaire Publié le 6 min de lecture
Puits ou forage : lequel choisir pour votre eau ? Puits et sources

Dans le langage courant, on emploie « puits » et « forage » presque indifféremment. Pour un projet, la distinction compte pourtant : elle change la technique, la profondeur atteinte, l’équipement et la façon de budgéter. Ce guide pose les différences et vous aide à choisir.

Deux ouvrages, deux techniques

Le puits est un ouvrage de grand diamètre, traditionnellement creusé puis maçonné ou garni de buses. Il atteint une nappe proche de la surface et sert souvent à tirer l’eau avec une pompe de surface ou une pompe immergée posée dans la cuve ainsi formée.

Le forage est réalisé à la machine, avec un diamètre bien plus étroit. Il descend plus profond, est soutenu par un tubage et reçoit généralement une pompe immergée longue et fine, conçue pour entrer dans ce tube.

  • Ce qui change pour la profondeur

    Un puits reste limité par ce que l’on peut creuser et maçonner. Un forage va chercher l’eau là où elle se trouve, à des niveaux que le puits ne peut pas atteindre. Aucune profondeur « moyenne » ne se donne honnêtement : elle dépend de l’aquifère et de la saison, comme l’explique notre guide sur le niveau de la nappe.

  • Ce qui change pour la ressource

    Un puits capte surtout une nappe libre, sensible aux sécheresses et aux pollutions de surface. Un forage peut atteindre une nappe plus profonde, parfois captive, plus stable mais qui se renouvelle plus lentement. Le guide sur le puits artésien détaille ce second cas.

  • Ce qui change pour l’équipement

    Dans un puits large, une pompe de surface ou un groupe immergé se pose plus facilement et l’ouvrage reste accessible pour l’entretien. Dans un forage, la pompe doit tenir dans le tubage : son diamètre se choisit d’après le diamètre intérieur du tube. Notre comparatif des pompes immergées pour puits domestique approfondit ce point.

Quand choisir un puits

La remise en service d’un puits existant est souvent l’option la plus simple quand l’ouvrage est sain, que la nappe est proche et que l’usage reste modeste, comme l’arrosage d’un jardin. Il faut cependant le faire curer, vérifier sa margelle et son couvercle, puis s’assurer qu’aucune eau de surface ne s’y infiltre. Notre article sur le cas d’un puits à sec aide à poser le diagnostic.

Quand choisir un forage

Le forage s’impose lorsque la nappe est profonde, que le puits existant s’assèche ou qu’il faut un débit plus régulier, par exemple pour alimenter une maison. Il demande une étude, un foreur compétent et un équipement dimensionné. Notre guide sur les étapes d’un forage d’eau décrit le déroulement complet.

Les démarches : ce qui est identique, ce qui diffère

  • Dans les deux cas : la déclaration en mairie

    L’article L2224-9 du code général des collectivités territoriales impose de déclarer au maire tout prélèvement, puits ou forage réalisé à des fins d’usage domestique. Cela vaut pour un ouvrage en projet, en service ou non, et même s’il est déjà déclaré par ailleurs.

  • Pour les ouvrages de plus de 10 mètres : le code minier

    Une déclaration préalable sur la plateforme DUPLOS s’ajoute à celle de la mairie. Un puits maçonné peu profond y échappe en général ; un forage, très souvent, n’y échappe pas.

  • Pour l’eau de boisson : l’analyse

    Quel que soit l’ouvrage, une eau destinée à la consommation humaine suppose une analyse par un laboratoire agréé jointe au complément de déclaration. La déclaration ne vaut pas contrôle de qualité et ne rend pas l’eau potable.

  • Les ouvrages anciens

    Un puits déjà présent à l’achat d’une maison devait être déclaré avant la fin de 2009. S’il ne l’a pas été, la régularisation reste à faire. Voir le guide sur la déclaration d’un forage en mairie.

Les pièges à connaître

  • Un puits ancien n’est pas forcément sain

    Margelle abîmée, absence de couvercle, infiltrations d’eau de surface : un puits mal protégé expose l’eau aux pollutions. Avant de le remettre en service, faites vérifier l’ouvrage.

  • Une pompe de forage dans un puits boueux

    Une pompe de forage supporte mal une eau chargée en sable ou en boue. Si votre ouvrage en contient, il faut le dire au professionnel au moment du choix.

  • Une pompe vide-cave pour alimenter la maison

    Ce type de pompe est conçu pour évacuer de l’eau, pas pour la pousser en pression sur une grande hauteur. Ne la détournez pas de son usage.

  • Un forage abandonné laissé ouvert

    Il peut faire communiquer des nappes entre elles et ouvrir une voie de pollution. Il se rebouche selon les règles de l’art, par un foreur.

Et côté budget ?

Un puits à remettre en état et un forage neuf ne se chiffrent pas de la même manière, et le plus modeste en apparence n’est pas toujours le plus économique à l’usage. Le guide sur ce qui fait le prix d’un forage ou d’un puits vous apprend à comparer les devis sur une base commune.

Questions fréquentes

Un puits est-il moins réglementé qu’un forage ?

Non, pour l’usage domestique les deux se déclarent en mairie. La différence tient à la profondeur : au-delà de dix mètres, le code minier s’ajoute.

Peut-on transformer un puits en forage ?

On peut forer au fond d’un puits existant, mais cela relève d’un chantier à part entière, avec ses déclarations. Faites-le évaluer par un foreur.

Quel ouvrage résiste le mieux à la sécheresse ?

Le forage profond, qui atteint une nappe moins exposée aux variations de surface. Les restrictions d’eau peuvent néanmoins concerner aussi l’eau des ouvrages privés : renseignez-vous auprès de votre préfecture.

Faut-il un permis pour creuser un puits ?

Il n’y a pas de permis, mais une déclaration préalable en mairie. Notre article sur les démarches pour un forage ou un puits domestique récapitule le parcours.

Puits ou forage pour boire l’eau ?

Les deux sont possibles à condition d’une analyse favorable. Le choix se fait sur la protection de l’ouvrage et la qualité mesurée de l’eau, pas sur son nom.

Sources consultées

  • Texte qui impose la déclaration, article L2224-9 du CGCTLégifrance
  • Seuil de dix mètres dans le code minier, article L411-1Légifrance
  • Article R1321-57 du code de la santé publique, séparation des réseauxLégifrance
  • Article R2224-19-4 du code général des collectivités territoriales, source privée et assainissement collectifLégifrance
  • Déclaration code minier et Banque du sous-solassistance du BRGM