Puits artésien : définition, conditions et démarches
Nappe captive, eau sous pression, ouvrage jaillissant ou non : ce que recouvre vraiment un puits artésien et les démarches à respecter.
Puits et sources Le « puits artésien » fait rêver : une eau qui jaillit toute seule, sans pompe. La réalité est plus nuancée, car tout dépend de la nappe que l’ouvrage atteint et de la pression qui y règne. Ce guide explique ce qu’est un puits artésien, dans quels cas il existe et ce que la loi demande.
Ce qu’est un puits artésien
Le mot désigne un ouvrage qui atteint une nappe captive. Une nappe captive est une nappe d’eau enfermée entre deux couches de roche peu perméables, une au-dessus et une au-dessous. Comme elle est comprimée, l’eau y est sous pression : lorsque le forage la perce, l’eau monte dans le tube, parfois jusqu’à la surface.
On parle de puits artésien jaillissant quand l’eau déborde naturellement au sol. Dans bien des cas, l’eau monte seulement à une certaine hauteur dans l’ouvrage sans l’atteindre : le puits est artésien au sens hydrogéologique, mais il faut tout de même une pompe pour la ramener en surface.
Nappe libre ou nappe captive : la différence
Une nappe libre est la plus proche de la surface : son niveau monte et descend avec la pluie, et l’eau n’y est pas sous pression. C’est celle que captent la plupart des puits anciens. Une nappe captive, elle, est plus profonde et souvent mieux protégée des pollutions de surface, mais elle se renouvelle plus lentement.
Pour situer ces nappes sous votre terrain, lisez notre guide sur le niveau de la nappe sous chez vous. Il indique les bases publiques à consulter avant de prévoir un forage.
Les conditions pour en avoir un
Une géologie adaptée
Il faut une nappe captive à portée de forage, ce qui dépend entièrement de votre sous-sol. Aucune règle générale ne permet de dire qu’il y en a une sous votre parcelle : seules les données géologiques locales et l’expérience des foreurs de la zone renseignent.
Une pression suffisante pour jaillir
Même dans une nappe captive, l’eau ne sort pas toujours seule. La pression dépend de la différence de niveau entre la zone où la nappe se recharge et le point où vous forez.
Un débit qui reste modeste
Un puits qui jaillit n’est pas une source illimitée. Son débit se mesure par un essai de pompage, comme pour tout forage domestique, et se dimensionne en fonction de l’usage.
Les démarches à accomplir
Un puits artésien n’échappe à aucune règle : il reste un forage et suit le régime des ouvrages domestiques.
Déclarer en mairie
Tout prélèvement, puits ou forage réalisé à des fins d’usage domestique doit être déclaré au maire de la commune (article L2224-9 du code général des collectivités territoriales). Elle doit être déposée un mois au plus tard avant l’ouverture du chantier.
Déclarer au titre du code minier au-delà de 10 mètres
Un ouvrage dont la profondeur dépasse dix mètres sous la surface du sol doit en plus être déclaré avant les travaux sur la plateforme DUPLOS du BRGM, qui délivre un récépissé et un numéro de la Banque du sous-sol. Les nappes captives étant en général profondes, cette seconde déclaration vous concernera presque toujours. Le détail est dans le guide sur la déclaration en mairie d’un forage.
Rester sous le seuil domestique
L’usage est dit domestique lorsque le prélèvement annuel ne dépasse pas 1 000 m³. Au-delà, vous sortez de ce régime et relevez de la police de l’eau.
Faire analyser l’eau si vous la buvez
L’analyse en laboratoire agréé est jointe à la déclaration d’achèvement quand l’eau est destinée à la consommation humaine. Le guide sur le traitement de l’eau d’un forage explique l’enchaînement.
Un ouvrage jaillissant ne se laisse pas à l’abandon
Un forage qui coule seul gaspille la ressource et peut mettre en communication des nappes qui devaient rester séparées. S’il n’est plus utilisé, il doit être rebouché selon les règles de l’art, ce qui se confie à un foreur. Notre article sur les dangers des puits artésiens abandonnés détaille les risques.
La norme NF X10-999 sur la réalisation, le suivi et l’abandon des forages d’eau sert de référence aux professionnels, mais son application est volontaire. Aucun article de loi spécifique ne fixe la façon de reboucher un forage domestique : d’où l’intérêt de confier l’opération à un professionnel.
Puits artésien et prix
Les nappes captives étant plus profondes, le chantier est en règle générale plus long qu’un puits de surface, mais aucun montant ne peut être donné sans connaître votre terrain. Pour comprendre ce qui pèse dans le devis, lisez ce qui fait le prix d’un forage ou d’un puits.
Questions fréquentes
Un puits artésien donne-t-il de l’eau potable ?
Pas automatiquement. Une nappe profonde est souvent mieux protégée, mais seule une analyse en laboratoire agréé renseigne sur la qualité réelle de l’eau, et l’Agence régionale de santé se prononce sur sa potabilité.
Faut-il une pompe sur un puits artésien ?
Seulement si l’eau ne remonte pas jusqu’au sol, ou si vous avez besoin de pression à la maison. Un ouvrage jaillissant peut s’en passer, mais il faut maîtriser l’écoulement.
Mon terrain a-t-il une nappe captive ?
Seules les données géologiques locales le disent. La Banque du sous-sol du BRGM recense les ouvrages déjà réalisés autour de chez vous et donne des indications précieuses.
Faut-il déclarer un puits artésien ancien ?
Oui. Les ouvrages existants devaient être déclarés au plus tard le 31 décembre 2009 : un puits ancien non déclaré n’est pas dispensé de l’être, il est simplement en retard.
Que faire d’un puits artésien qui coule en permanence ?
Contactez un foreur pour le réguler ou le reboucher. Évitez de l’obturer vous-même : un rebouchage se fait selon les règles de l’art, pour ne pas ouvrir une voie de pollution.
Sources consultées
- Obligation de déclaration d’un forage domestique, L2224-9 du code général des collectivités territorialesLégifrance
- Article R2224-22 du même code, délai de déclarationLégifrance
- Décret n° 2008-652 du 2 juillet 2008, ouvrages existantsLégifrance
- Ouvrages souterrains de plus de dix mètres, L411-1 du code minierLégifrance
- Plateforme DUPLOS et Banque du sous-solassistance du BRGM